L'Église que Dieu confie au pape François titre La Newsletter
Éditée le
22 mars 2013
L'Église que Dieu confie
au pape François
Élection du pape François

Nous avons été stupéfaits de la renonciation de Benoît XVI à son ministère pétrinien, geste d’humilité, pris en pleine conscience de sa responsabilité et de sa liberté. Nous avons été remplis de joie à la vue du nouveau Pape que le Seigneur a donné à l’Église. Sa bonhomie nous rappelle Jean XXIII, sa liberté, Jean-Paul II. Ses premiers mots et ses premiers gestes nous ont réconciliés avec nous-mêmes et nous ont mis dans la paix du Seigneur. Mais quel est l’état de l’Église, la nôtre, que l’Esprit Saint remet entre les mains du Pape François ? L’Église n’est pas que la Curie, et les cardinaux n’ont pas élu un pape pour accomplir la tâche d’un super-administrateur réformateur. Le Pape est élu pour gouverner TOUTE l’Église. Et qui gouvernera-t-il ? Nous ! Dans quel état nous prendra-t-il ?


Lettrine

enoît XVI savait que la barque de Pierre prenait l’eau. Il l’avait dit dans le Chemin de Croix qu’il présidait au Colisée le vendredi saint 2005. « Souvent, Seigneur, ton Église nous semble une barque prête à couler, une barque qui prend l’eau de toute part. Et dans ton champ, nous voyons plus d’ivraie que de bon grain. Les vêtements et le visage si sales de ton Église nous effraient. » Le cardinal Jorge Bergoglio connaît bien l’Église d’Argentine, qui est en miniature une image de l’Église universelle. Qu’est-ce qui l’attend comme évêque de Rome, donc comme Pape ? Benoît XVI a reçu en héritage une barque « qui prenait l’eau de toute part » ! A-t-il pu colmater quelques fuites ? Comment son ministère prépare-t-il celui du Pape François ? Car l’Église vit dans la continuité et non dans la rupture.


Summum Pontificatum

L’une des premières tâches que s’était donnée Benoît XVI a été la réconciliation mutuelle entre la Fraternité Saint Pie X et l’Église de Rome, afin d’arriver à la pleine communion. Ce fut le Motu Proprio du 7 juillet 2007, qui reconnaissait au Missel de Jean XXIII (rite tridentin aménagé en 1982) le rang, dans l’Église, de lex orandi de rite romain, selon une forme extraordinaire. Le Missel de Paul VI était et demeure la forme ordinaire. Cela permettait à tous les fidèles attirés par cette sensibilité de prière de pouvoir, en accord avec l’Évêque local, jouir de cette liturgie, surtout pour la célébration de la messe.

Un autre geste de réconciliation fut, le 21 janvier 2009, la levée par Benoît XVI des excommunications prononcées contre les quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en juin 1988. Ce geste pontifical fut difficile à accepter par un grand nombre d’évêques ? qui n’en avait pas entendu parler. Le pape Benoît 16Tellement difficile que Benoît XVI leur écrivit une lettre publique pour en expliquer le sens. « Que l’humble geste d’une main tendue soit à l’origine d’un grand tapage, devenant ainsi le contraire d’une réconciliation, est un fait dont nous devons prendre acte. Mais maintenant je demande : était-il et est-il vraiment erroné d’aller, dans ce cas aussi, à la rencontre du frère qui « a quelque chose contre toi » (cf. Mt 5, 23 s.) et de chercher la réconciliation ? » Humilité, liberté et charité ! Cela n’est pas de trop dans l’Église du Christ.

Il y eut enfin un ultime effort de dialogue : Benoît XVI, par l’intermédiaire de la commission Ecclesia Dei, ouvrait, non pas un dialogue, mais une possibilité d’écoute. Sous la responsabilité de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi présidée par son préfet, le Cardinal Levada, et guidés par Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission Ecclesia Dei, et le jésuite Luis Ladaria Ferrer, secrétaire de la Congrégation, trois experts furent chargés d’écouter ce que la FSSPX reprochait au Concile et à l’Église de Rome : le dominicain Charles Morerod, secrétaire de la Commission théologique internationale et spécialiste du thomisme (devenu depuis évêque de Fribourg, Suisse) ; Mgr Fernando Ocariz, vicaire général de l’Opus Dei ; et le jésuite Karl Josef Becker. Les rencontres ont commencé le 26 octobre 2009, elles se sont terminées en juin 2011.

Le 14 septembre 2011, Mgr Fellay remettait au Cardinal Levada un préambule doctrinal, préalable nécessaire à toute discussion en vue d’une réconciliation. Ce préambule fut analysé par la Congrégation et rendu à Mgr Fellay avec quelques demandes de précisions. En juin 2012, la Congrégation elle-même remettait au Supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X le préambule qu’elle avait rédigé, et qui exigeait la pleine reconnaissance de l’authenticité de Vatican II, l’acceptation de son autorité dans ses constitutions et ses décrets, y compris Dignitatis Humanæ (liberté religieuse) et Nostra Ætate (dialogue inter-religieux, en particulier avec les Juifs). Après l’avoir étudié, le chapitre général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, à l’été 2012, rejeta ce projet, sans envoyer une réponse définitive à Rome. Au début de l’année 2013, le nouveau Préfet de la CDF, Mgr Gerhard Ludwig Müller déclara que les débats étaient clos.


« Benoît XVI a fait ce qu'il a pu pour restaurer
la pleine communion avec la Fraternité Saint Pie X
mais il ne pouvait en aucun cas renier le Concile »

Benoît XVI a fait tout ce qu’il a pu, comme avant lui Jean-Paul II et son prédécesseur Paul VI, pour restaurer la pleine communion avec ce mouvement qui s’enferme dans le schisme. Mais en aucun cas il ne pouvait renier le Concile ni même le rogner. Dans son dernier discours au clergé de Rome le Pape Ratzinger, évoquant son expérience personnelle de jeune théologien expert au Concile, disait : Vatican II a été longtemps mal compris par la presse, qui l’a présenté comme une lutte politique en vue de la souveraineté du peuple dans l’Église.

Ce « concile des médias » – comme on avait finit par le désigner à l’époque – fut responsable de plusieurs désastres, de tellement de problèmes, de si grandes souffrances : des séminaires fermés, des couvents fermés, la banalisation de la liturgie. Mais, ajoutait-il, le « vrai Concile » émerge aujourd’hui avec toute sa force spirituelle et il appelle ceux qui l’écoutent à travailler à ce vrai Concile avec la puissance de l’Esprit Saint qui accomplira le renouveau de l’Église.1

Au moins les choses sont claires, et le Pape François les trouvera claires. Que nous reste-t-il à faire ? Quand tout un groupe refuse d’écouter l’Église, il faut « qu’il soit comme le païen ou le publicain » (Mt 18, 17). Quelle est le sens de cette attitude ? Ce n’est ni l’agressivité, ni la colère, ni le rejet, mais l’entrée dans la patience divine. Ces chrétiens, qui demeurent nos frères, ne sont plus que sujets à la patience de Dieu, et notre rôle est de patienter, c’est-à-dire d’accepter la souffrance, de garder la porte ouverte et d’attendre, sans pour autant perdre notre vie. In patienta vestra possedebitis animas vestras ( Lc 21,15 : dans la patience vous sauverez votre vie). Benoît XVI nous a introduits dans l’attitude divine de la patience, le Pape François ne nous en sortira pas !


Il domani – terribile o radioso - del Dogma2

Le renouveau de l’Église passe-t-il par la répudiation du langage du Concile Vatican II ? C’est ce que pense un groupe de philosophes et de théologiens rassemblé autour de l’Académie Aurea Domus (Rome) dirigée par Enrico Maria Radaelli. Ils sont disciples de Romano Amerio (1905-1997), théologien catholique suisse d’origine italienne, connu pour ses positions très critiques à l’égard de l’évolution de la liturgie post-conciliaire et de l’ecclésiologie catholique de Vatican II. Radaelli cite Amerio, qui énonce sa thèse dans Iota unum. Studio delle variazioni della Chiesa nel secolo XX 3 : « Ce n’est pas quand les difficultés humaines la mettent en contradiction (avec le monde) que l’Église se perd, parce que cette contradiction est inhérente au statut de pèlerin, mais elle se perd seulement quand la corruption pratique en arrive à toucher le dogme et à formuler en proposition théorique les dépravations qui se trouvent dans la vie. Parce que comme un clou chasse un clou, c’est-à-dire de la même façon que seul le fer en forme de clou peut chasser le fer en forme d’un autre clou, seul des formulations théoriques pourront chasser d’autres formulations théoriques puisque la pratique est inférieure à la théorie comme la liberté à la vérité, la volonté à la doctrine et l’amour à la loi. »4

Enrico Maria Radaelli qui, dans son dernier livre sur le Dogme, analyse le langage pastoral des documents du Concile, dit que ce langage a fait perdre sa beauté à l’Église. Le Concile ne parle plus une « langue de feu » mais une « langue de bois »5. Comme on a renoncé au langage dogmatique, les enseignements du Concile n’ont d’autre valeur que celle du « religieux respect ». Il ne s’agit pas d’un magistère infaillible, ni même d’un magistère ordinaire exigeant un assentiment religieux6. Un « religieux respect », cela signifie que l’on peut accueillir les enseignements du Concile comme s’ils n’avaient d’autre valeur que ceux d’un docteur privé. Pierre – le pape –, dit un théologien de ce groupe, Monseigneur Brunero Gherardini, s’il ne donne aucune définition dogmatique, n’agit que comme un « docteur privé ». En conclusion, on n’est pas obligé de recevoir le Concile, ni de le respecter, ni d’y obéir. On peut le consulter !


« L'autorité du Concile est celle de l'Église universelle
qui est la première expression et le fondement de toute autorité »

Une petite chose est oubliée dans ce beau raisonnement : les documents du Concile ont été promulgués par Paul VI. Cette promulgation n’est pas un acte de son magistère personnel mais une garantie officielle, un sceau qui appose sa marque. Cette promulgation dit que l’autorité du Concile est celle de l’Église universelle agissant collégialement cum Petro et sub Petro. L’autorité universelle de l’Église est la première expression et le fondement de toute autorité. L’autorité de toute l’Église ne peut pas se tromper, elle ne peut pas dire le faux ! Ne pas se laisser guider par l’autorité de l’Église, c’est très grave !

Mais l’Église ne dispose-t-elle que du langage dogmatique pour défendre sa foi ? C’est dans les années 50, à Jérusalem, que l’Église a fait acte d’autorité universelle pour la première fois. Paul et Barnabé, à la tête d’une délégation de chrétiens d’Antioche, montent à Jérusalem pour savoir s’il fallait imposer la circoncision aux Gentils convertis (Cf Ac 15, 1-24 ; Ga 2, 1-9). Après avoir délibéré, ceux que Paul appelle les Colonnes, Kephas, Jean et Jacques, concluent qu’il ne faut pas imposer ce joug aux païens convertis. Et ils tendent la main à Barnabé et à Paul en signe de communion. Où était donc la définition dogmatique ? Ce geste n’était-il que pastoral ? Ne demandait-il qu’un « religieux respect » ? Et si on l’avait pris comme une simple concession, une adaptation aux mœurs des juifs helléniques, n’aurait-on pas risqué de maintenir l’Église du Christ sous la domination de la loi de Moïse, rendant vaine l’offrande rédemptrice du Christ et sa résurrection ?

Nous sommes dans l’année où a été célébré à Rome le 50e anniversaire de l’ouverture du Concile. Nous sommes aussi dans l’Année de la foi. Les deux événements sont significatifs. Le Pape François n’a pas assisté au Concile comme l’a fait Benoît XVI. Mais il est un fruit du Concile. Les débats auxquels on assiste, à droite comme à gauche, devraient n’avoir qu’un effet sur nous : nous inciter à étudier profondément les textes du Concile. Ils contiennent la définition de notre foi pour notre temps, et recèlent toutes les orientations pastorales pour la vivre efficacement dans notre époque.


La gnose moderne

Pour annoncer le sens de l’événement du Concile, Jean XXIII aurait ouvert toute grande une fenêtre. Il fallait qu’un vent nouveau entre dans l’Église ! George Weigel, dans son dernier livre, Evangelical Catholicism7, citant Michael Novack, philosophe de notre époque, lui fait dire : « Si l’on imagine que les fenêtres que Vatican II a ouvertes sont celles d’un train, elles ont été ouvertes au moment où ce train entrait dans un tunnel noir, les toiles des fenêtres ont été levées, les fenêtres ont été ouvertes, et les gaz toxiques se sont répandus dans le train ».8

Le Concile Vatican II a commencé le 11 octobre 1962 sous le pape Jean XXIII et a été clos le 8 décembre 1965 par Paul VI. En 1972, lors de son homélie prononcée le 29 juin, en la fête des saints Pierre et Paul, Paul VI disait : « Devant la situation de l’Église d’aujourd’hui, nous avons le sentiment que par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement. On n’a plus confiance dans l’Église. On met sa confiance dans le premier prophète profane venu qui vient nous parler de la tribune d’un journal ou d’un mouvement social, et on court après lui pour lui demander s’il possède la formule de la vraie vie, sans penser que nous en sommes déjà en possession, que nous en sommes les maîtres. Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devraient êtres ouvertes à la lumière. »

Quelles étaient ces « fumées toxiques » ? Elles ne venaient ni du Concile, ni même du « monde » en tant que tel. Elles venaient et viennent toujours de ce que George Weigel appelle une nouvelle Gnose.


Qu’est ce que la Gnose ?

Au troisième siècle, l’Église fait face à l’une des pires menaces à l’authenticité de sa foi : la Gnose, une idéologie multiforme, une sorte de nébuleuse à laquelle se rattachent les noms de Valentin9, Basilide10, Marcion11, Mani12, Zoroastre13. Les Pères de l’Église, principalement Justin, Irénée de Lyon,Hippolyte de Rome, Tertullien, lui opposèrent une lutte acharnée. Car la Gnose – ce mot signifie la connaissance – est un mouvement très intellectuel. Il ne s’agit pas d’une connaissance ordinaire mais d’une connaissance religieuse, qui prétend conduire l’homme à une vision profonde et intime de lui-même, afin qu’il découvre son origine divine et sa destinée. Cette connaissance de soi lui est un salut et même une rédemption.


« La gnose moderne se fonde sur la connaissance
de l'intimité profonde de l'homme qui devient son propre rédempteur »

Les études sur la Gnose ont été renouvelées par la découverte des manuscrits de Nag-Hammadi14. Ces découvertes intéressèrent vivement les archéologues, mais pas seulement eux. D’autres auteurs, Manuscrits de Nag Hammadicomme Elaine Paggels15, se servirent de ces textes coptes pour justifier que la source du vrai christianisme était dans cette Gnose ancienne. Cela justifiait ce qui était en train de naître : la Gnose moderne fondée sur la connaissance de l’intimité profonde de l’homme comme source de son salut, c’est-à-dire comme épanouissement du self. L’homme devient à lui-même son propre rédempteur !

La gnose ancienne est un syncrétisme marqué par l’opposition au Judaïsme d’une part et, d’autre part, par la pénétration, dans le Christianisme hellénique, du mysticisme oriental. L’opposition au Judaïsme, c’est l’opposition au mystère de la Création, à Jésus-Christ vrai homme, à sa vraie conception virginale et, par le fait même, au mystère de la Croix. Comme Fils de Dieu, Jésus ne pouvait pas être crucifié, ni souffrir, ni mourir ni, par conséquent, ressusciter. Ce n’est pas la réalité, c’est une apparence16.

La pénétration du mysticisme oriental, c’est la conviction que la connaissance intime de soi : connaissance de son corps, connaissance de ses sensations, connaissances de ses émotions, connaissances de ses pensées et de son esprit, conduit l’homme à comprendre qu’il n’y a en lui rien qui s’appelle un Soi, c’est-à-dire une réalité invisible, existante qui s’appelle une personne. Cette connaissance intérieure de soi le conduit vers son salut, qui consiste à ne s’attacher à rien pour être plus libre de se laisser prendre par le divin, l’Essence de l’Univers, mais non par un Dieu Transcendant, une Personne qui nous aime !


La culture de la transcendance

Comment cela s’est-il traduit dans la psychologie occidentale ?

La négation du Mystère de la Création, c’est la négation de l’existence d’une nature humaine. Dans un article de Commonweal de novembre 2012, Morbid Symptoms, l’auteur, Eugène McCarraher17 critiquait le combat que mène actuellement l’épiscopat américain contre les mesures de l’Obamacare, qui oblige les employeurs, même catholiques, à financer les remboursements de l’assurance pour la contraception et l’avortement, arguant que, pour la grande partie de la population, le mot « nature » n’a plus aucun sens. On ne peut plus parler de la nature intrinsèquement féconde de l’acte conjugal, ni de la nature d’une sexualité saine, ni de la nature humaine d’un fœtus, ces mots n’ont plus de sens ! On ne peut même plus parler d’une différence de nature entre l’orientation hétérosexuelle et l’orientation homosexuelle, ou de la différence naturelle entre l’homme et la femme. Ces différences n’existent plus, elles ne sont que des façons de voir déterminées par la culture. Ceux qui parleraient encore de « nature » et de « contre-nature » se font traiter d’obscurantistes, rétrogrades, moyenâgeux ! C’est bien là le refus gnostique de la Création, le refus de l’Ordre que le Créateur a donné à l’Univers. Refuser cet ordre, c’est atteindre à une vraie liberté : la liberté du Moi ! C’est mépriser la Genèse et l’Exode, deux livres fondateurs dans l’Ancien Testament.

C’est ce refus qui serait le salut ! Quel salut ? Refuser la nature, l’ordre de la Création c’est éliminer toute forme de contrainte qui nous viendrait d’une institution, d’une religion, d’une Église, surtout la plus détestée de tous, l’Église catholique. Il n’y a qu’à lire l’article de Danièle Hervieux-Léger publié dans Le Monde du 28 février dernier, pour comprendre comment une sociologue de haut-rang peut parler de l’Église. Elle l’analyse uniquement selon des critères sociologiques politiques et, par conséquent, passe complètement à côté de sa véritable « nature ». Encore ce mot de « nature » !

Mais l’homme, même moderne, ne vit pas que de pain ! Il lui faut une spiritualité. Rejetant comme rétrograde et étouffante la spiritualité des religions traditionnelles, il ne pouvait passer à côté d’une spiritualité toute prête à lui tendre les bras : les spiritualités orientales. La jointure entre cette contre-culture du rejet de la vérité de la « nature », et de la spiritualité orientale, se fit dans les centres les plus huppés de Californie dans les années 70, et principalement à Palo Alto, Santa Barbara, Stanford et Esalen.

Dans les années 1950-1960, Aldous Huxley, qui vivait alors à Los Angeles, fut parmi ceux qui encouragèrent Michael Murphy – qui possédait une culture encyclopédique sur les spiritualités orientales – et Richard Price dans la décision qu’ils prirent en 1961 d’ouvrir Esalen, Site d'Esalen à Big Sur, en Californiecentre résidentiel situé sur le site du Big Sur en Californie. Ce centre joua le rôle de « sage-femme » de ce qui allait devenir comme le mouvement de la mise en valeur du potentiel humain.

Parmi les premiers intervenants dans les séminaires organisés à Esalen durant les trois premières années, se trouvent les principales personnalités qui allaient transformer les mentalités : Allan Watts (le plus célèbre vulgarisateur du Zen) ; Gerarld Hear (fondateur des Alcooliques Anonymes, mais surtout spécialiste des libertés de la conscience) ; Linus Pauling (célèbre chimiste qui, en politique, fut à l’avant-garde des mouvements pacifistes) ; Paul Tillich (célèbre théologien protestant, qui entend donner à l’étude de la théologie une méthode de corrélation en vue d’intégrer les données de la Révélation, les intuitions existentielles et les analyses psychologiques et philosophiques) ; Rollo May (le psychologue de la solitude et de l’anxiété) ; et un jeune étudiant, Carlos Castaneda (qui prône le chamanisme comme voie vers une nouvelle vision du réel). À ces pionniers vinrent se joindre les grands théoriciens des nouvelles thérapies psychologiques, Erick From, Fritz Perls, Erick Erickson, Virginia Satyr – dont les techniques de soins thérapeutiques ont été très fortement imprégnées de la philosophie d’Esalen et de tout un mouvement d’idées qui voulait à tout prix libérer l’homme moderne de ses tabous institutionnels. Ce fut ce que l’on appela le mouvement de la Transcendance)18.


« Beaucoup de personnes se sont tournées vers l'Orient
où l'expérience de méditation intérieure répondait mieux à leur soif
qu'une Église qui leur paraissait moribonde »

C’est ainsi que, enveloppée dans les idéologies de la contre-culture, bercée de l’illusoire espérance de voir s’ouvrir un New Age prometteur de super-développements humains, une bonne partie de l’élite américaine se tourna vers l’Orient pour lui emprunter ses valeurs spirituelles d’expérience intérieure et de réalisation de soi. Beaucoup de jeunes hippies, qui avaient goûté à la drogue pour s’évader d’eux-mêmes, atteindre les limites de leur être, « voir » une réalité qu’ils ne voyaient pas – suivant les incitations de Carlos Castaneda19 – et vivre des sensations intenses, se tournèrent vers l’Orient où l’expérience de la médiation intérieure leur permettait d’atteindre à un degré de conscience dépassant les limites d’une expérience naturelle propre à l’homme. Et cela répondait mieux, beaucoup mieux, à leur soif « spirituelle » que les rudes enseignements d’une Église qui leur apparaissait moribonde et qui ne les atteignait plus. Cela s’est répandu en Europe comme une contagion.

Le sourire paisible du Bouddha va-t-il un jour se substituer aux traits douloureux du Crucifié ? L’Occident va-t-il opter pour le message bouddhiste au détriment de la foi chrétienne ? À la fin de sa vie, Nietzsche en était convaincu : « Le christianisme approche de l’épuisement, écrit-il. On se contente d’un christianisme opiacé parce qu’on n’a ni la force de chercher, de combattre, d’oser, et de vouloir être seul, ni la force nécessaire au pascalisme, à ce mépris de soi ratiocineur, à la croyance en l’indignité humaine, à l’angoisse du "peut-être condamné". Mais un christianisme qui doit surtout apaiser des nerfs malades n’a absolument pas besoin de cette terrible solution d’un "Dieu en croix". C’est pourquoi, en silence, le bouddhisme progresse partout en Europe. »20

Bouddhistes en prière

Les réactions nostalgiques

Il y a plusieurs façons de réagir à cet envahissement de la Gnose moderne. L’une des moins adaptées est certainement le style des anti-aquarian, comme les nomme George Weigel. Anti-aquarian fait référence à « the aquarians conspiracy », ou, en français, la conspiration des enfants du Verseau. Qui sont ces anti-aquarians ? Ce sont ceux qui rêvent au retour d’un catholicisme traditionnel, qui n’en finissent plus de soupirer après le retour de la « messe de toujours », laquelle est loin d’avoir engendré une « émotion sacrée transcendante ». Ces messes, expédiées en vingt minutes dans un latin mal prononcé, souvent chantées selon une harmonie qui était au grégorien ce que la saccharine est au sucre roux, étaient particulièrement onéreuses et ennuyeuses.

Faut-il encore parler de ce moralisme d’obligation qui, certes, avait ses règles bien définies, mais ne laissait aucune place à la vraie liberté de la conscience ? Dieu n’étant que le juge d’une obéissance à la loi ! Certes, les noviciats étaient bien pleins. Mais le noviciat, c’était trop souvent l’apprentissage des usages conventuels, l’entraînement à résister sans broncher aux humiliations souvent injustes, la personnalité broyée, l’obéissance externe et la torture du for interne. Si l’on rêve à ce genre de vocations, on peut rêver longtemps ! On peut aussi rêver aux séminaires bien pleins, à ces gentils garçons en soutane, alignés dans leurs stalles, portant surplis et barrettes et psalmodiant, dans un latin qu’ils ne comprennent pas, un office qu’ils apprenaient à dire par obligation. Tout rêve passe, et ce rêve est passé ! On peut rêver à ces mariages « heureux », à ces familles nombreuses, dues souvent plus à l’irresponsabilité du mari et à une femme soumise au « devoir conjugal », qu’à un consentement généreux et libre des deux époux ! Qui regrettera que ce modèle soit cassé ? Nous devrons nous y habituer ! Ces modèles sociaux de chrétien ne reviendront plus.


« Le moralisme d'obligation avait ses règles bien définies
mais ne laissait aucune place à la vraie liberté de conscience »

Mais il y a une nostalgie plus subtile, c’est le modèle de l’amour sans la vérité. Ce n’est pas un modèle ringard, c’est le modèle d’aujourd’hui. Tout passe, tout est permis, tout s’excuse, tout s’oublie, pourvu qu’on s’aime. Et qui est Dieu ? Dieu est l’amour compatissant, un peu aveugle, un grand-père indulgent. Il ne fait qu’aimer, et nous ne devons qu’aimer ! Daniel Marguerat, dans l’un de ses derniers livres, vient de nous donner l’image de ce « Dieu amour sans exigences » : « Privé de son exigence de vérité, Dieu n’est plus que le produit fade d’une religiosité bonbon. Le Dieu tout bon est un chat qui ronronne sur le radiateur. Sa capacité à juger fait du Dieu biblique autre chose que du caramel mou. Dieu n’est pas une sucrerie. »21


Les chrétiens d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie

En gros, il y a dans le monde 1 181 milliards de catholiques, soit une augmentation de 45 % en 26 ans, ce qui est légèrement plus élevé que l’augmentation globale de la population mondiale.

Répartition des religions dans le monde en 2010

La population catholique est stable, se fixant autour de 17.5 %. Elle a fléchi en Amérique latine et en Europe, passant respectivement de 28,50 % à 26,34 % et de 24,05 % à 23, 83 % ; elle a augmenté en Afrique et en Asie du Sud-est, respectivement de 15,15 % à 15,55 % et de 10,47 % à 10,87 %. Aux États-Unis, 24 % de la population a reçu le baptême catholique. Avec environ 70 millions d’Américains professant cette foi en 2010, les États-Unis ont la quatrième plus grande population catholique après le Brésil, le Mexique et les Philippines. Au Canada, les catholiques représentent le groupe religieux le plus important, soit 43 % de la population : 1,2 % des catholiques du monde. Le Québec est dans le peloton de tête, puisque 83,4 % de la population est d’appartenance catholique.

Depuis quarante ans, le nombre de chrétiens a doublé, passant de 1,1 milliards en 1970 à 2,2 milliards en 2010. En Afrique, pour la première fois depuis 1985, le nombre de chrétiens surpasse celui des musulmans ; il y a en Afrique quatre fois plus de chrétiens qu’il n’y en avait en 1970. Le même phénomène se constate en Asie et en Amérique latine. Cela est dû pour une part à la croissance des populations, qui ont aussi doublé dans ces parties du monde.


« L'accroissement des Chrétiens dans le monde est également dû
au développement phénoménal des Églises pentecôtistes »

Mais l’accroissement des chrétiens n’est pas dû uniquement à la croissance de la population. Il est dû, surtout en Afrique, en Asie et en Amérique latine, au phénomène de la « conversion », phénomène très amplifié par la croissance presque incroyable des différentes Églises Pentecôtistes. Il y avait à peine 67 millions de croyants de toutes dénominations pentecôtistes en 1970 ; ils sont devenus 614 millions en 2010, atteignant près de 25 % de tous les chrétiens ; ils seront 800 millions en 2025. Souvent cette montée s’est faite au détriment des Églises traditionnelles, catholiques ou protestantes. Comment expliquer ce phénomène ?

Par communauté pentecôtistes, il faut entendre toutes les formes de communautés qui se réclament de Jésus-Christ et se rallient à un Renouveau ou une Reviviscence sous la motion de l’Esprit Saint. Cela regroupe les Évangéliques, les branches charismatiques des Baptistes et des Méthodistes, et même certaines groupes Catholiques. Quelles que soient leurs dénominations personnelles, ces communautés pentecôtistes ont des traits communs.

Ce sont des communautés missionnaires au zèle fervent, qui considèrent qu’il est de leur mission de se répandre « jusqu’aux limites de la terre »22. Ce prosélytisme s’appuie sur la Bible, vue comme une source indépendante de toute autorité, de laquelle ces croyants peuvent tirer leur propre spiritualité et l’adapter aux coutumes locales. Cela leur permet d’avoir une vision holistique de tout l’Univers, puisqu’ils ne se rattachent à aucun centre. Ils ne sont ni Romains ni Luthériens, ni de New York ou de Atlanta. Cette relation à la seule Bible les libère de toute autorité spirituelle et religieuse, et d’une orthodoxie étrangère dont ils se méfient. Leur force vient du pouvoir de l’Esprit Saint et non des rites ou des normes, disent-ils. L’effort de conversion fait appel à la volonté seule, il est un engagement à « changer de vie », c’est-à-dire à devenir à son tour missionnaire. De fait les leaders, à peine formés et souvent ignorants, n’ont qu’une mission : trouver rapidement d’autres leaders qui continuent le travail du prosélytisme. On aboutit ainsi à des multitudes d’Églises indigènes qui se répandent comme une traînée de poudre. Des communautés naissent, des zélotes apparaissent qui ont un pouvoir de guérison, parlent en langues et sollicitent une adhésion de masse.

Chœur de pentecôtistes

Une des grandes forces du Pentecôtisme est son habileté à se glisser dans toutes les cultures, à être proche du peuple, à ne contredire aucune croyance locale. Les Pentecôtistes sont devenus les catalyseurs de l’énergie spirituelle par leurs prières émotives, leurs hymnes et leurs chants qui font tressaillir les sources intérieures les plus viscérales, leur entraide fraternelle, leur pouvoir de guérison. Ils ont été capables de créer rapidement des liens et de rejoindre toute personne dans sa pauvreté, sa misère, son dénuement, sa solitude. Rapidement, ils ont eu les moyens de développer un réseau efficace de communications sociales ; ils ont des antennes radio et télévision, des DVD, des films, bref une communication médiatique importante qu’ils ont tôt fait de dénommer « internationale », bien qu’elle soit souvent financée secrètement par de grosses puissances économiques, qui trouvent avantage à promouvoir ce genre de religiosité ne causant que peu d’obstacles à l’exploitation des personnes. On n’est pas exigeant vis-à-vis de la justice sociale, ni très insistant sur les normes morales.

Surtout, les Pentecôtistes ont eu l’habileté de saisir les aspirations religieuses d’un peuple, d’une culture, et ils savent présenter un « Dieu » qui réponde aux besoins de religiosité d’une population. On rencontre Dieu facilement, on introduit le sacré dans le profane, on est guéri de ses maux, on chasse les esprits mauvais et, surtout, on refuse de séparer le spirituel du physique, le sacré du séculier. Et l’Esprit Saint coiffe de sa puissance tout ce qui regarde la vie, l’éducation, la langue, la race, le sexe.

D’où vient cet immense succès du Pentecôtisme ? Les experts qui étudient ce phénomène social en font remonter l’origine à la sécularisation des sociétés modernes de l’Occident. Dans la mesure où le catholicisme – ou le protestantisme – n’a plus été le lien qui façonne une culture ; dans la mesure ou toutes les formes d’entraide sociale (éducation, santé, rencontres fraternelles, aide aux démunis) ont été prises en charge par une administration étatique, la personne s’est retrouvée seule, dépourvue d’amitié, abandonnée. Elle a eu besoin d’un lien fort avec un Dieu présent, un Dieu sensible au cœur, au cœur émotif. Le Pentecôtisme est venu lui présenter ce Dieu ! C’est un Dieu qui ronronne, mais qui se laisse si facilement caresser ! Il est si peu exigeant qu’il se contente de sanctionner de son autorité les règles de comportement propres à une ethnie ! C’est un Dieu berceur qui soulève l’émotion, et qui permet d’entrer facilement en transe en le louant ! Il comble une soif spirituelle que laisserait sans secours une religion traditionnelle affadie. Fait important, le succès du Pentecôtisme est beaucoup plus assuré dans un milieu où il existe un terrain spirituel, auprès de populations qui avaient une forte culture chrétienne comme l’Amérique latine, l’Afrique et même les États-Unis. Aujourd’hui on trouve des « Mega-Churchs » pentecôtistes dans de grands centres urbains : Lagos, Rio de Janeiro, Séoul, Singapour, mais aussi dans des endroits surprenants : Kiev (Ukraine), Budapest, Uppsala. Et aussi en Chine, où les Pentecôtistes sont en si grand nombre qu’ils finiront par surpasser le Brésil comme lieu d’élite de leur religion.


Alors que faut-il faire ?

Il ne s’agit pas de faire, il faut être ! Ces courants dont on prend conscience sont les vapeurs toxiques qui enfument l’Église. Ce sont souvent nos modes de penser, notre manière de vivre. Ce ne sont pas seulement des mœurs qui concernent les autres. Cette Église, cette humanité, Dieu les a confiées au Pape François, à ce Pape qui tirera de son trésor de l’ancien : ce que lui a préparé Benoît XVI ; et du nouveau : ce que l’Esprit Saint lui donnera de dire, d’enseigner, de décider. Que lui a préparé Benoît XVI ? L’élan vers la Nouvelle Évangélisation, vers cette Bonne Nouvelle apportée aux pauvres. Qui sont ces pauvres ? Non pas uniquement les habitants des favellas du Brésil, mais tous ceux qui ne connaissent pas Dieu ou déforment son visage. Et ceux-là, il y a en toujours parmi nous ! Il y en a même en nous !


« L'important est que le pape enseigne Jésus Christ
et qu'avec lui nous L'enseignions à l'humanité déchirée »

Nous sommes dans l’Année de la Foi, cette année que Benoît XVI a préparée par tant d’homélies, d’allocutions, d’enseignements donnant à l’Église une impulsion continuant la mouvance apportée par Paul VI et Jean-Paul II. L’important n’est pas de savoir quelle sera la couleur des chaussures du Pape François, s’il portera la mozzetta et en dessous le rochet, dans quel sens il réformera la Curie. L’important est qu’il nous enseigne Jésus-Christ, que nous recevions Jésus-Christ et qu’avec notre Pape nous L’enseignions à toute l’humanité déchirée par la Gnose, trahie dans ses aspirations spirituelles, dans une Église déchirée par ses fixations et ses crispations. Ad magnam Dei gloriam23.


Aline Lizotte


Photos : Kancelaria Prezydenta RP / Wikicommons



10 - Basilide était un gnostique paléochrétien qui enseignait à Alexandrie au début du IIe siècle. Élève à Antioche de Ménandre, disciple de Simon le Magicien, il aurait écrit sa propre version des Évangiles, des commentaires sur ceux-ci en vingt-quatre volumes, l’Exegetica, et aurait enseigné un syncrétisme reprenant, entre autres, l’enseignement de saint Pierre et saint Matthias, ainsi qu’un dualisme influencé par le zoroastrisme.

11 - Marcion du Pont (v. 85 – v. 160). Condamné et écarté par la communauté chrétienne de Rome alors dirigée, selon la tradition, par l’épiscope Pie, il fonda une Église dissidente et fut considéré par la suite comme l’un des premiers hérésiarques. Au sein du christianisme, la doctrine de Marcion reflétait les idées du courant gnostique qui s’opposait à l’Église officielle.

12 - Né probablement le 14 avril 216 et mort le 26 février de l’an 271 ou 276, Mani (en persan : مانی) est le fondateur du manichéisme.

13 - Le nom « zaraϑ-uštra » est un composé qui se traduit par « celui qui est proche de l’exaltation ». Zoroastre aurait commencé sa vie comme prêtre de la religion régnant alors en Perse, le mazdéisme, qui comportait entre autres de nombreux rites sacrificiels, en particulier d’animaux. Il eut une série de visions dans lesquelles il vit Ahura Mazda, divinité suprême, et commença alors une prédication passionnée, prêchant la venue du Royaume de Justice et la coopération à l’œuvre de Dieu (Ahura Mazda), sous peine de châtiment total.

14 - En décembre 1945, près de la ville de Nag Hammadi, des paysans égyptiens déterraient fortuitement une jarre contenant treize codex de papyrus, des volumes reliés à plat comme nos livres et recouverts de cuir. Ils venaient de faire l’une des plus formidables découvertes de manuscrits anciens du XXe siècle. Dans un état de conservation variable, les 1 156 pages inscrites renferment 54 œuvres différentes, la plupart inconnues par ailleurs, dont le fameux Évangile selon Thomas, un recueil de paroles de Jésus. Il s’agit de textes religieux, généralement décrits comme gnostiques.

15 - Elaine Pagels, The Gnostic Gospels, Phoenix Press, & Beyond Belief, Vintage.

16 - Cela s’appelle le docétisme.

17 - Cf l’édition électronique : http://commonwealmagazine.org

18 - Pour une connaissance sommaire du New Age, cf Marylinn Ferguson, The Aquarian Conspiracy, traduit en français sous le titre Les enfants du Verseau, publié en livre de poche aux éditions de Minuit.

19 - Cf Castaneda, L’herbe du diable et la petite fumée, coll. 10/18 ou Voir, les enseignements d’un socier yaqui, Folio, essais.

20 - Frédéric Lenoir, La rencontre du Bouddhisme et de l’Occident, Albin Michel, p. 9.

21 - Marie Balmary & Daniel Marguerat, Nous irons tous au paradis, Albin Michel, 2012, p. 23.

22 - C’est le titre de l’ouvrage qui vient de paraître : Allan Heaton Anderson, To The ends of the Earth, Oxford, University Press, 2013. Son sous-titre : Pentecostalism and the transformation of world christianity.

23 - La devise de l’Ordre des Jésuites : Pour la plus grande gloire de Dieu.


www.asso-afcp.fr