Vatican : dentelle et souliers rouges titre La Newsletter
Éditée le
1er novembre 2010
Vatican : dentelle
et souliers rouges
Le pape Benoît XVI

Les souliers rouges du pape sont difficiles à supporter pour certains ! Plus dure encore à avaler : la profusion de dentelles dont on le revêt et qui ornent également certains prélats de sa suite, transformant les surplis en quelque chose qui prend l'allure de « nuisettes » comme me disait un jeune diacre ! Benoît XVI s'en aperçoit-il ? Ce serait bien dans le style de Joseph Ratzinger de n'y prêter aucune attention et surtout d'être - s'il le savait - extrêmement surpris des réactions d'un peuple qui rigole doucement et qui se demande, non sans malice, si les cérémonies liturgiques romaines ne sont pas en train de prendre l'allure de « gay pride » avec une profusion d'encens, de couleurs aux teintes pastel et de pierreries !


Lettrine

on, d'accord ! Mais à force de contempler les pieds de Benoît XVI, on finit par ne plus voir ni sa tête ni son cœur ! Même si les dentelles ne sont pas la marque essentielle du pontificat, elles fournissent, cependant, des prétextes exaspérés à une critique virulente vis-à-vis d'un gouvernement que l'on n'arrive pas à digérer. Quelques ouvrages, parus depuis deux ou trois ans, ont trouvé une certaine ferveur dans les milieux ecclésiastiques. Cette ferveur et un accord tacite témoignent de l'ambiguïté des confidences qui, sous couvert de déplorer un style qui agace, diffusent des doutes beaucoup plus profonds. Et je veux, aujourd'hui, parler d'un volume et d'une suite de livres.


Confession d'un cardinal 1

L'auteur, Olivier Legendre, n'est pas un journaliste, mais quelqu'un qui a beaucoup œuvré dans les services charismatiques ecclésiaux, surtout dans le milieu des Assomptionnistes. Le titre du livre intrigue ! Qui donc est ce cardinal qui semble si bien connaître les politiques vaticanes, ses dessous et ses mystères ? Pour certains, c'est le cardinal S..., pour d'autres le cardinal D..., pour d'autres le cardinal E... et enfin pour d'autres encore, le cardinal C... ou, peut être, le cardinal M... En fait, il s'agirait d'un cardinal S. F-H de l'Extrême Orient, décédé en 2007, qui, vers la fin du pontificat de Jean-Paul II, devint très amer et critique envers l'Église. Les confidences qu'il fit à Olivier Legendre devinrent la trame de l'ouvrage et servirent de cadre à l'auteur pour livrer, à partir de ses dossiers personnels, de ses informations et des confidences glanées dans les milieux ecclésiastiques, ce que pensent, sans pouvoir le dire, certaines personnalités, certains théologiens et peut-être aussi certains évêques.


« Si les dentelles ne sont pas la marque essentielle du pontificat,
elles fournissent des prétextes à une critique virulente
vis-à-vis d'un gouvernement que l'on n'arrive pas à digérer »

Que nous apprend la Confession d'un cardinal ? En fait, à vrai dire, pas grand chose de bien nouveau ! Le cardinal qui livre ses souvenirs est présenté comme l'un des proches collaborateurs de Jean-Paul II. Après avoir été archevêque dans son pays, il fut nommé président d'un conseil pontifical en 1998, puis créé cardinal au consistoire de 2003. Il occupa sa charge jusqu'à sa démission en 2006 et décéda en 2007. On peut donc douter de cette intimité pontificale car la charge présidentielle qu'il occupait ne le nécessitait pas mais l'œuvre de l'auteur étant une fiction, libre à ce dernier d'en avoir fait le personnage qui lui plaisait.

Le livre débute par des informations qui se veulent inédites sur l'attentat dont Jean-Paul II a été victime. En fait, cela ressasse ce dont la presse avait déjà parlé et qui est connu sous le nom de la filière bulgare. Rien de bien nouveau sur les soupçons de fonds tirés de l'ORE pour aider Solidarnosc et rien d'inédit sur les motifs soviétiques de la commandite de l'assassinat raté. Cependant, cette entrée en matière permet d'affirmer que, dans toute cette partie de l'Histoire, Jean-Paul II a agi en puissance et qu'on lui doit, d'une certaine manière, un rôle non négligeable dans l'effondrement de l'empire soviétique. Cependant, ce ne sont là que des spéculations de journalistes ou d'âmes pieuses et aucune base historique sérieuse ne permet de le confirmer.

Pape Jean-Paul II

Cette affirmation de la massive présence de Jean-Paul II dans ce contexte sous-entend que ses « puissantes épaules » nous ont masqué la réalité. Laquelle ? Nous exercions une influence sur le monde et nous sommes en pleine perte de vitesse sur l'efficacité de cette influence. Nous étions et nous ne sommes plus ! Le Pape, qu'il s'appelle Montini, Wojtyla ou Ratzinger ne peut plus imposer sa volonté politique. Il n'a pu l'imposer ni au Nicaragua, ni aux Philippines. Le catholicisme a été inefficace au Rwanda pour empêcher deux ethnies ennemies, comportant chacune une majorité de chrétiens baptisés, de se combattre par des massacres et des horreurs. Comme il avait été aussi inefficace pour empêcher les tentatives de génocide du peuple juif, lors de la Seconde Guerre mondiale! Nous sommes obligés de faire l'amer constat que nous nous trouvons devant une faillite de la chrétienté.

Affaibli à l'extérieur, le catholicisme l'est aussi à l'intérieur. Depuis la Renaissance, l'Église a perdu le contact avec le monde extérieur. L'affaire Galilée a eu comme conséquence de séparer le monde de la science de l'autorité de l'Église qui, peu à peu, a perdu tout crédit vis-à-vis des savants et des intellectuels. A notre époque, l'encyclique Humanæ Vitæ a eu un effet analogue : celui de dissocier la conduite morale personnelle de l'enseignement de l'Église. Celle-ci en a perdu son crédit moral. Elle parle une langue que l'on ne comprend plus et édicte des comportements qui ne sont pas reçus. Que reste-t-il à l'Église ? Il lui resterait le sacré et sa liturgie en crise. Certains courants accuseraient volontiers le Concile Vatican II de l'avoir affaiblie ou même d'en avoir sapé les bases. D'où certaines tentatives pour restaurer, dans les gestes et les ornements, le sacré qui s'enfuit. Mais l'homme n'aurait besoin de sacré que lorsqu'il éprouverait une certaine nécessité à établir un lien entre l'Invisible et le visible. Plus l'Invisible descend de son trône, moins Dieu apparaît comme un monarque sourcilleux ou un juge sévère, plus le sacré recule. Ceux qui voudraient rétablir l'influence de l'Église par l'inflation du sacré, ceux-là ne veulent en fait que rétablir une autorité qui, depuis la modernité, échappe à l'Église et continuera de lui échapper par toute la terre, si elle poursuit ce courant. Il reste aussi à l'Église les mouvements ecclésiaux comme les Foccolari, l'Opus Dei, le Chemin Neocathécuménal, et les Légionnaires du Christ. Ces mouvements qui contiennent tous des « dérives sectaires » auraient été à la base des grands succès pontificaux des voyages de Jean-Paul II. Ils ont contribué à faire croire que le catholicisme était vivant alors qu'il est mourant ! Les « puissantes épaules de Jean-Paul II » nous auraient vraiment masqué la réalité.

Non seulement elles nous ont masqué la réalité, mais elles ont influencé, comme un spectre, le conclave qui a conduit à l'élection de Benoît XVI. A la question insistante du journaliste : « Que s'est-il passé au Conclave ? », l'astucieux cardinal répond, après un bon temps d'attente : « Il ne s'est rien passé au Conclave », car tout s'est joué le jour des funérailles. Fumée blanche à la cheminée de la chapelle SixtineCe jour là, « nous » avons été placés devant un parterre impressionnant de chefs d'État, de représentants de toutes les religions, d'un million de fidèles venus de toutes parts et nous avons pris peur. Un vent d'angoisse a saisi tout le Conclave à la pensée de devoir remplacer un tel pape. Toutes les analyses rationnelles ont été bousculées, les nuances ont été balayées et les confères cardinaux ont élu, non pas celui qui aurait été le meilleur pour gouverner l'Église, mais celui-là seul qui paraissait capable de tenir la place de la puissance de l'Eglise qu'avait tenue Jean-Paul II. De sorte que, dans l'état actuel de l'Église et du monde, l'élection de Benoît XVI se révèle comme une erreur. Cet état de fait ne met pas en doute les hautes capacités intellectuelles du pape, la force de sa théologie et la pureté de sa spiritualité mais montre sa difficulté à saisir l'état du monde actuel, à comprendre les rapports de l'Église à ce monde. Benoît XVI persiste à lui donner tort et à stigmatiser son enfoncement dans ce qu'il appelle l'absolu du relativisme.


« Selon Confessions d'un Cardinal, si l'Église ne manifeste pas
concrètement la présence de Dieu ici-bas,
elle disparaîtra car elle ne sert à rien »

Le livre se termine par une esquisse de solution que l'auteur appelle le Principe de Poo. Poo est ce jeune Asiatique qui symbolise le mal-être de tous ces jeunes profondément déstabilisés par les guerres que l'Occident a menées en Extrême Orient et qui n'arrivent à retrouver une confiance dans la vie et une forme de stabilité sociale qu'au contact de la charité de ces femmes et de ces hommes qui témoignent efficacement de la présence amoureuse de Dieu. Le cardinal conclut : « Si nous ne manifestons pas concrètement la présence de Dieu ici bas, si nous ne nous posons pas comme continuateurs de l'action menée par son Fils, il y a deux mille ans, nous disparaîtrons car nous ne servons à rien.2 »


Pietro de Paoli

C'est une suite de livres édités et publiés chez Plon où, sous forme de romans ou de récits, l'auteur nous expose ses thèses personnelles sur ce que doit être l'Église. Le premier volume de la série, Vatican 2035, se donne comme un roman permettant à l'écrivain de jeter sur le tapis l'ensemble des thèses qu'elle élaborera dans les quatre autres livres. Le livre est signé Monseignore Pietro De Paoli. Torchon intitulé Vatican 2035La présentation qu'en fait l'éditeur nous laisse entendre qu'il s'agit « d'une personnalité qui, en raison de sa position dans l'Église, ne désire pas révéler son nom ». Plausible ? Cela devient, au fur et à mesure de la parution des livres de la suite, une facétie. Le sexe féminin du Monseignore devenant un secret de polichinelle, on a dû abandonner cette fiction. Mais on a gardé le pseudonyme.

La suite des volumes marque une certaine gradation. Cela commence par La confession de Castelgondolfo où est clairement indiqué, en page de couverture, que l'on doit y reconnaître un dialogue entre Benoît XVI et Hans Kung. Du discours théologique on passe à la pastorale avec le troisième volume : 38 ans, célibataire et curé de campagne. Du curé on passe à l'évêque, puisque Marc est appelé à l'épiscopat et se retrouve Dans la peau d'un évêque. Et pour finir, si c'est fini..., on voit l'évêque se frotter avec son pire ennemi, celui pour lequel l'auteur ne peut retenir l'expression du trouble intérieur que lui cause l'intégrisme clérical. Ce sont les Lettres à un jeune prêtre.


Vatican 2035

Lire Vatican 2035, c'est recevoir en pleine figure toutes les thèses et les idées personnelles de l'auteur. On connaît ainsi ses passions, on saisit ses haines, on sent le mordant de ses caricatures, on apprécie une certaine information des milieux ecclésiastiques - cela lui a valu d'être lue par un bon nombre d'ecclésiastiques qui ont loué sa connaissance du milieu épiscopal français -, on peut goûter la vivacité de son style et savourer le délié de son intelligence. Une fois que l'on a refermé le livre (si l'on persiste jusqu'à la dernière page !), on ne peut s'empêcher de penser : c'est complètement loufoque ! La qualité romanesque de l'œuvre s'effondre. A force de manquer à la loi de la fable, c'est-à-dire à la loi du vraisemblable, le récit ne sert plus que de prétexte à servir chauds des plats qui se mangent froids ! C'est du mauvais Dan Brown !

Le roman - 553 pages - met en scène l'histoire de la carrière d'un homme : Giuseppe Lombardi, fils de Pietro, prix Nobel de médecine, et de Monique. L'ami et le guide spirituel de Giuseppe, Jean-Baptiste Villepreux, le voyait déjà revêtir la soutane. Mais Giuseppe rencontre Chiara et l'épouse, au grand dam de Villepreux. De ce mariage naissent deux petites filles, Clara et Cécilia. Comme le dira plus tard Sa Sainteté Sylvestre - Jean Baptiste Villepreux devenu pape —, ce sont eux qui ont choisi la vraie vie ! Ce sont eux les vivants, dans l'Église. Mais l'époque est mouvementée, les prêtres se font rares, les églises sont vides et, malgré les apparences de succès des grands rassemblements, le catholicisme se meurt ! Benoît XVI démissionne en 2007, le jour de ses quatre-vingts ans. Son successeur, Jean XXIV, convoque un synode extraordinaire qui restaure l'ordination des hommes mariés. Le climat s'y prêtait : le recteur de l'Institut catholique de Paris, Mgr Villepreux, venait de publier un livre, Donnez-leur vous-même à manger, signé des plus grands noms de l'Église et traduit en cinq langues ; ce livre prônait l'ordination des hommes mariés. L'ami de Chiara et de Giuseppe, le cardinal archevêque de Bologne, Mgr Enrico Moro, pressent le jeune mari pour ce nouveau ministère. Giuseppe accepte et est ordonné diacre en vue du sacerdoce.

Entre temps, Chiara meurt d'une maladie infectieuse contactée en Égypte lors de leur voyage de noces. Effondré, Giuseppe quitte son pays, sa famille et son ministère pour un exil où il s'enferme dans l'amertume de sa souffrance. Rattrapé par Moro, il poursuivra sa carrière ecclésiastique. Ordonné prêtre, son premier geste est d'envoyer un uppercut à la gueule de son curé qui ne peut blairer les prêtres mariés ; cela lui vaut de s'exiler en Inde. Sous la protection paternelle du nonce et de son évêque et ami indien, il développe une carrière diplomatique internationale qui va le conduire à régler la question de la paix au Moyen-Orient, en appliquant une idée géniale : l'internationalisation des lieux saints. Il va imposer cette politique au supérieur de la Custodie par la force violente de son autorité. Il le paiera cher : sa voiture piégée explose et, s'il n'est pas tué sur-le-champ, les gaz toxiques qu'il inhale vont développer une tuberculose qui provoquera une mort prématurée.

Avant que cela n'arrive, on voit que l'Église est entrée dans une Black Decade. A Jean XXIV a succédé Pie XIII qui gouverne avec les Mexicains - les Templiers - et leur branche laïque, Templum Christi 3. Partout, dans l'Église, les intimidations et les procédures inquisitoriales renaissent. Pie XIII meurt d'un cancer du pancréas et, à la surprise générale, le Conclave élit, en 2009, Jean-Baptiste Villepreux qui prendra le nom de Sylvestre auquel on ajoutera le Grand. C'est une envolée de carrière pour Giuseppe qui, tour à tour, devient évêque puis cardinal. Sylvestre le Grand gouverne avec un cercle d'amis et réussit des réformes éclatantes, comme le renouvellement de toute la sacramentaire de l'Église. Cela permet de résoudre le problème des divorcés remariés, en appliquant une formule simple : une bénédiction pour ceux qui ne veulent pas de l'indissolubilité du mariage et un sacrement de la Nouvelle Alliance, pour ceux qui l'acceptent. Le sacrement de la Réconciliation est, quant à lui, dégradé au simple rang du pouvoir diaconal. Mais Sylvestre a la faiblesse de prendre, dans son entourage, un « Mexicain » : Franjo Dränic. Ce dernier le tuera à coups de poignard, sans doute pour le châtier d'avoir nommé le Cardinal Paul Assoumoun, Camerounais, leur ennemi juré, comme Secrétaire d'État.

Giuseppe succède donc à Sylvestre, sous le nom de Thomas 1er. Succède-t-il vraiment ? Giuseppe aimerait bien pouvoir travailler, le jour, dans les bureaux du Vatican et pouvoir se retirer, le soir, avec les siens et régler ses problèmes de famille. Sa fille Clara est mariée mais Cécilia lui cause de gros soucis : elle vient d'entrer dans la secte des Mexicains. Cécilia est révoltée contre ce père, Pape, qui ne s'occupe pas d'elle et qui n'était jamais là quand elle avait besoin de lui. La réconciliation se fera, et peu de temps avant sa démission, Giuseppe aura le bonheur de conduire à l'autel, pour le sacrement de la Nouvelle Alliance, cette fille qui lui apprend qu'elle est déjà enceinte de trois mois, ce qui irradie de joie ce père Pape ! Mais Giuseppe aura le temps, dans son pontificat, d'introduire des réformes durables et de les sceller par le Concile qu'il commence à préparer en 2035. Ces réformes : l'intercommunion entre les différentes religions chrétiennes, sacralisée par un songe où le Seigneur lui reproche d'avoir soustrait ses frères séparés de la table de la communion ; la réforme de la Curie dont les dicastères principaux seront confiés à des femmes, ses amies, créées cardinales pour cette nomination et l'assomption de l'homosexualité quand son ami, Paul Assoumoun, lui révèlera qu'il est homosexuel ; ces réformes, dis-je, changeront enfin le visage de l'Église. La dernière des réformes de Tomas 1er : une charte de la sexualité, considérée comme une relation qui ne regarde que la personne dans son intimité, étant sauve la parole donnée à l'autre, charte qui permettra d'effacer définitivement les effets délétères d'Humanæ Vitæ. En 2038, l'année du Concile, Giuseppe, atteint de tuberculose, donne sa démission. Il meurt peu de temps après. Ses funérailles ont lieu au Vatican. Au terme de la cérémonie liturgique, un hélicoptère blanc vient enlever le cercueil. Giuseppe reposera près de Chiara. Ce sont eux les vrais vivants !

Le Vatican sous un ciel de feu

La suite

Ces thèses, l'auteur les dilue dans ses quatre autres livres qui se présentent comme des récits. Le style est beaucoup plus modéré et les idées sont amenées avec plus de subtilité et quelquefois - pas toujours - avec moins de hargne et de violence. Certaines pages sont belles, inspirées d'un véritable amour pour la pastorale chrétienne et l'on peut y reconnaître une spiritualité réelle, animée par une authentique charité pour cette qualité de chrétiens : ceux que l'auteur qualifie de petits, les ignorants qui ne comprennent rien aux subtilités de l'Église, les hommes et les femmes de notre époque qui ne demandent qu'une chose à Dieu : être heureux ! La vraie mission de l'Église est de rendre ces êtres humains heureux. Ce n'est pas de rendre un culte à Dieu qui n'en a pas besoin et encore moins de travailler à la conversion des âmes. On reconnaîtra ici l'une des passions fortes de notre écrivain : il faut s'aimer les uns les autres (sauf les intégristes !). Sa haine contre les intégristes, principalement ceux qu'elle vise le plus, les Légionnaires du Christ, se manifeste sans aucune nuance dans Vatican 2035, jusqu'à les rendre coupables d'homicides. On tue et on assassine beaucoup dans l'imaginaire de notre auteur !


« L'auteur de Vatican 2035 présente son Église idéale
à l'image de toutes les revendications libertaires »

Dans 38 ans, célibataire et curé de campagne, Marc, le curé, piquera une gueulante assourdissante contre Marie-Blanche qui a osé, ô malheur !, organiser une procession avec une statue de Marie reine de nos foyers pour repousser, à coups d'Ave Maria, la montée de l'immoralité et de la décadence ! Je me fous de la Sainte Vierge, dira-t-il, Jean-Paul II n'était qu'un idolâtre de Marie ! Dans ce même récit, l'auteur suggère que si la table de la communion pouvait être ouverte à tous, entendez aux divorcés remariés, cela permettrait aux couples brisés et qui se sont recomposés de devenir amis ! Malheur à nous si, à cause de la dureté de nos cœurs, nous n'appliquons pas l'Évangile. Malheur aussi à l'Église qui, en raison de sa morale contraceptive, montre qu'elle n'aime pas les femmes et les rend folles de scrupules si elles osent prendre la pilule !

Marc, devenu Mgr Belhomme, s'exerce Dans la peau d'un évêque à gérer la pénurie. Pourquoi ne pas ordonner des hommes mariés et pourquoi refuser les homosexuels ? Il n'y a aucune différence entre un adulte homosexuel et un adulte hétérosexuel, tout dépend de la parole donnée. « J'ordonne des adultes qui ont fait le libre choix de vie que propose l'Église », dit l'Évêque. Pour l'un comme pour l'autre, l'obligation est la même et n'est pas plus difficile pour l'un ou pour l'autre. Monseigneur devient fou de rage, devant la levée de l'excommunication des évêques de la Fraternité Saint Pie X. Les mots qui expriment sa colère, devant la lettre que Benoit XVI envoya aux évêques pour expliquer sa décision, reflètent peut-être la pensée d'un certain nombre de catholiques, peut-être même le murmure de certains évêques. Benoît XVI embrassant un bébéCes mots sont, de toute façon, inacceptables. Comme est complètement inacceptable le portrait de Benoît XVI que notre femme écrivain trace de lui dans La confession de Castelgondolfo. On peut ne pas être toujours d'accord avec certaines décisions du pape actuel, ne pas aimer le style des vêtements liturgiques, il est injuste d'en faire un vieillard cacochyme, perclus de remords d'avoir provoqué le suicide de certains théologiens après son apposition à leur thèse théologique alors qu'il était préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, bourré de scrupules, pétri de peur et hanté par des cauchemars dont seul Hans Kung pourrait le délivrer.

Marc Belhomme peut dire que les cardinaux, pris par la peur, ont bâclé une élection. Aucune "objection spiritualo-béate" sur le fait que le Saint Esprit ait guidé leur choix ne peut effacer l'erreur. C'est l'opinion personnelle d'un auteur en rage. Ce n'est pas l'opinion de la majorité des fidèles. Quant aux Lettres à un jeune prêtre, elles tournent autour d'un thème intéressant. Manifestement, l'auteur s'adresse à ces jeunes ecclésiastiques qui agacent les anciennes générations avec l'ostentation de leur col romain, leur ceinture aux franges de macramé et qui sourient quand on leur parle du Concile. Elle professe, avec une sincérité profonde, la grande espérance et la joie qui ont animé la génération des anciens devant cette immense promesse qui avait soulevé l'Église à cette époque. Elle pose une question lancinante : « Pourquoi ça ne marche pas ? ». Elle provoque ces jeunes hommes généreux qui croient naïvement qu'en revenant à une ultra-sacralisation des fonctions, en rayant plus ou moins les acquis du Concile, ils feront redémarrer une Église qui se meurt, un catholicisme condamné à disparaître. Pourquoi ça ne marche pas ? Oui, pourquoi ?

Une toute petite remarque. De tous les prélats actuels, seul le cardinal André Vingt-Trois est mentionné sous son nom. C'est le vieux camerlingue (sic) qui en 2009 annonce l'élection du nouveau pape Sylvestre. Le trait de plume est savoureux. Peut-être cela suggère-t-il que notre auteur a eu, en réalité, maille à partir avec le véritable archevêque de Paris, justement en 2008-2009 ? La vengeance est douce au cœur de la Gauloise !


Qui a peur de Virginia Woolf ? 4

On connaît cette pièce de théâtre à succès qui voit un couple dans la maturité, qui jusque là semblait vivre sans problème, se mettre à se déchirer à belles dents et à entrer l'un envers l'autre dans une rage terrifiante. A lire les livres dont je viens de faire l'analyse, on peut se demander si, du moins en France, on n'assistera pas bientôt à cette déchirure profonde entre deux sortes de chrétiens qui tiennent chacun à « leur » Église et excommunient l'Église de l'autre. D'un côté, les chrétiens qui tiennent à leur Église anté-conciliaire et, de l'autre, les chrétiens qui tiennent à leur Église post-conciliaire. D'un côté, l'Église pour Dieu et, de l'autre, l'Église pour les hommes. D'un côté, l'Église de la vérité de toujours ; de l'autre, l'Église de l'amour évangélique. D'un côté, l 'Église de la puissance ; de l'autre l'Église de l'humilité. D'un côté l'Église du Pape ; de l'autre l'Église des laïcs. D'un côté l'Église du ciel ; de l'autre l'Église de la terre.

D'un côté comme de l'autre, cette Église dont on s'arrache la peau, n'est pas réelle. C'est une Église construite dans un imaginaire surchauffé. Reprenons quelques idées.


Sommes-nous face à une faillite de la chrétienté ?

Il est évident que oui ! Depuis qu'elle est fondée, l'Église est toujours à l'heure H de sa disparition. Il n'y a jamais eu d'âge d'or, de période heureuse où, en toute sécurité, l'Église pouvait se reposer sur sa puissance. Le Moyen-Age avec ses bûchers qui flambent, ses hérétiques qui brûlent, ses tortures inquisitoriales, Bûcherses sorcelleries et ces femmes que l'on condamne au feu, son clergé concubinaire, ses prêtres de château, ses princes laïcs qui s'emparent des biens - souvent abondants - du clergé et qui en acquièrent la juridiction, ses évêques de cour ou ses évêques que l'on assassine, ses empereurs et ses papes qui se déposent et s'excommunient mutuellement... : une chrétienté qui nous ferait rêver ? La Renaissance, ses guerres de religions et ses schismes, sans compter cette grande déchirure de l'Europe... : une chrétienté que l'on voudrait revivre ? Les siècles d'or où culmine la majesté du Roi soleil, avec sa régale, son jansénisme, la décadence des Abbayes qui étouffent sous la commende, la misère des guerres de conquête et Tartuffe installé chez les élites sociales... : une chrétienté où l'on se sent à l'aise ? Le XVIIIème et sa Révolution, le XIXème avec ses idéologies qui préparent le sanglant XXème siècle, son moralisme étroit, ses luttes entre anti-modernistes et modernistes dont le prix a été chèrement payé pour toute la chrétienté... : cela nous ferait envie ?

Pourquoi cette faillite ? Si l'on veut d'une chrétienté qui soit d'abord une réalité sociale, cela conduit toujours à la faillite ! Aujourd'hui, certains rêvent d'une chrétienté qui soit une invincible Armada, alors que d'autres la rêvent comme une fraternité humaine. Certains voient l'Église comme une super-puissance qui coiffe toutes les sociétés politiques, une sorte de conscience universelle de tous les peuples. Ils rêvent au Saint-Empire. Il fut un monumental échec et on ne peut que s'en réjouir. Mais rêver d'une Église qui serait une Internationale réussie, c'est aussi bâtir sa faillite.

Gouverner les sociétés selon la justice sociale, gérer les conditions de la vie humaine pour que le bonheur, c'est-à-dire le bien commun, devienne une réalité, cela est le rôle de l'État. Et cet État ne doit pas être clérical, mais laïque. Les théocraties sont insupportables ! Mais une ONU, lovée dans l'amour pacifique, serait tout autant catastrophique. Une société où il fasse bon vivre est un vrai bien souhaitable, mais n'est pas nécessairement une chrétienté. Une chrétienté, c'est un Peuple de baptisés qui reconnaît qu'un jour une Croix a été dressée sur le monde, qui sait que cet événement n'est pas uniquement un fait historique daté dans les annales de César. Il voit que cet événement est radicalement indispensable, qu'il témoigne de la Victoire de Dieu, qu'il inaugure des temps nouveaux et une terre nouvelle.


« La chrétienté n'est pas seulement utile par son action caritative
mais elle est irremplaçable par la force de son espérance »

Ce Peuple travaille à cet avènement. Il y travaille dans la réalité sociale de son époque. Cette réalité, il l'assume. Plus : il la transforme, autant qu'il le peut. Il ne pourra jamais la dominer, elle lui échappera toujours ! Car elle est faite du tissu des libertés humaines dont il n'est pas le maître. Son espérance est, cependant, invincible. Ce Peuple témoigne qu'un jour cette inéluctable Croix dressée sur le monde transformera son amour en victoire. Si la chrétienté disparaissait, la Croix dressée sur le monde s'effondrerait comme la statue aux pieds d'argile du songe de Nabuchodonosor. Et l'Espérance du monde s'éteindrait. Ce serait l'heure des Ténèbres. Mais le pied de la Croix est planté sur le dur roc du calvaire d'où résonnent les mots du Consumatum est, les mots de l'amour qui a atteint la plénitude de son efficacité. La chrétienté n'est pas seulement utile par son action caritative, sans laquelle elle ne servirait à rien..., elle est indispensable et irremplaçable par la force de son Espérance.


Un autre syllabus !

Au XIXème siècle, Pie IX avait écrit un Syllabus qui énumérait en quelques lignes les nombreuses erreurs du monde moderne dans sa relation à l'Église. Aujourd'hui, on assiste à un contre-syllabus : l'énumération des erreurs de l'Église dans son rapport au monde. Pour nos auteurs et pour beaucoup d'autres, ce qui bloque le dialogue de l'Église avec le monde moderne, c'est en premier lieu Humanæ Vitæ. Plus encore, c'est sa morale sexuelle qui exige la chasteté du prêtre, la chasteté des jeunes et même la chasteté des époux. C'est aussi son intransigeance face aux autres religions chrétiennes, en refusant l'intercommunion. C'est sa dureté de cœur, face aux divorcés remariés. C'est finalement, comme symbole emblématique, le refus du sacerdoce pour la femme, preuve absolue que l'Église n'aime pas les femmes. C'est cette culture misogyne qui est une culture de mort, ce n'est pas celle de la transgression des interdits sexuels. Voilà un nouveau syllabus !


La nouvelle affaire Galilée : Humanæ Vitæ

L'argument est servi de si nombreuses fois qu'il en est presque éculé. Humanæ Vitæ est devenu, dans l'Église d'aujourd'hui, un signe de contradiction. Lorsque Margareth Sangers5, fondatrice du Family Planning dans tous les pays du monde, incita le Dr Pincus à commercialiser un produit inhibiteur de l'ovulation, connu depuis 1950 et mis sur le marché en 1956, elle visait deux choses : la libération sexuelle et le contrôle de la population. Née dans les suburbus (banlieues) de New-York, dans une famille de 11 enfants , Margareth Sanders, infirmière, activiste socialiste et communiste, décida qu'il en était fini de la pauvreté de ces familles nombreuses. Il fallait contrôler la population, tout en libérant la sexualité des contraintes et des interdits. La libération sexuelle était née !

L'encyclique Humanæ Vitæ 6 parut en 1968. La libération sexuelle, promise par la pilule Pincus, était entrée dans les mœurs. L'encyclique fut reçue comme une intolérable intrusion dans l'intimité du couple7, comme un interdit moralisateur qui empêche l'épanouissement de la sexualité et contraint la femme à la maternité. Selon les impératifs de la libération sexuelle, la sexualité devait se libérer des finalités de la procréation et n'être plus entre les époux que la recherche d'un plaisir légitime. Faire ce que l'on veut, où l'on veut, avec qui l'on veut et comme on veut, était devenu la règle absolue.


« L'enseignement d'Humanæ Vitæ considère la sexualité
comme l'un des actes fondateurs d'une communauté d'amour
et de vie à laquelle engage le mariage »

On n'a pas voulu lire cette encyclique. On n'a pas voulu la comprendre dans la mouvance du Concile et principalement de Gaudium et Spes. On a refusé de voir que l'enseignement de Paul VI se libérait du discours théologique trop étroit des finalités du mariage et considérait la sexualité comme l'un des actes fondateurs d'une communauté d'amour et de vie à laquelle engage le mariage. Couple avec un bébéL'encyclique invitait les théologiens, les pasteurs, les formateurs à comprendre et à expliquer comment la sexualité humaine, loin d'être uniquement un lieu de reproduction biologique, était la réponse à cette invitation du mariage à fonder une communion d'amour et de vie exigeant, bien sûr, un don généreux et radical des personnes. Humanæ Vitæ lançait un défi audacieux à l'Église, elle constituait un appel prophétique. Elle sollicitait les pasteurs, les formateurs et les responsables à rejeter l'antique soupçon sur la sexualité humaine et à la saisir dans toute sa vérité. Elle ouvrait la voie à une idée nouvelle : dans l'authenticité de leurs propres corps, l'homme et la femme, créés par Dieu pour être un dans une seule chair, possèdent, dans l'élan qui les unit, les fondements unifiants d'une communion des personnes.

Mais les pasteurs, les formateurs et les responsables n'ont pas compris ! Ils n'ont pas su se dégager de leur soupçon et, entraînés par le miroir trompeur de la liberté sexuelle - faire ce que l'on veut, où l'on veut, avec qui l'on veut et comme on veut -, ils ont abandonné la femme aux inhibitions de son hypophyse et au cycle des hormones artificielles et l'homme à la seule responsabilité de "faire l'amour" avec des gants. Quel en fut le résultat ? Une plus grande communion d'amour entre les époux ? Non ! L'explosion des sexualités parallèles, l'effloraison des sexualités ectopiques que l'on s'efforce d'appeler acte d'amour, un mal-être croissant chez la femme qui souffre dans l'intimité de sa chair d'être trop souvent, soit un objet de jouissance, soit une partenaire complaisante, mais non une épouse ! Et une irresponsabilité croissante chez l'homme. Ce n'est pas dans les confessionnaux que ces couples vont dire leur souffrance et souvent leur misère. Ils n'ont souvent d'autre secours que les cabinets de sexologues qui ne peuvent constater qu'une chose : la sexualité, qui devait les unir, les sépare. Galilée est réhabilité, mais Dieu est contraint d'abdiquer.


Le soupçon sur la chasteté

Giuseppe et Chiara sont fiancés, ils se sont donné leur parole, ils peuvent donc avoir toutes les relations sexuelles qu'il leur plaît avant leur mariage. Marc, prêtre et évêque, a donné sa parole à l'Église. Au fond de son cœur, il peut garder dans un refuge secret un amour fort qui l'équilibre : la « petite provinciale » qu'il met un jour dans la crèche à côté de la Sainte Vierge. Giuseppe, prêtre, deviendra amoureux de Leah. Sans manquer à sa promesse à l'Église, il pourrait même coucher avec elle. Ce ne serait grave que « s'il la trompait », c'est-à-dire s'il le faisait en niant l'authenticité de ses sentiments. A Pietro, son fratello, il tiendra ce discours édifiant: « Peux-tu vivre toute ta vie sans tomber amoureux, sans goûter au plaisir de plaire à une femme, et qu'une femme te plaise ? Si tu le peux, Pietro, je vais te dire ce que je pense de toi : tu es soit une brute, une pierre sans âme, soit un type qui nie ce qu'il ressent, par peur de fauter ou en se trompant sur ce qu'est une faute, soit un psychopathe sexuel en puissance, violeur, pédophile ou ce que tu voudras »8. Les divorcés remariés ont rompu leur promesse envers l'Église mais ils peuvent être réconciliés et réadmis dans la communion avec elle. Cette réponse aux exigences de l'amour évangélique permettrait aux deux couples recomposés avec les époux du premier mariage de vivre une vraie vie d'amitié chrétienne. Un vrai club échangiste, quoi ! Car on se pardonnera plus volontiers la rupture du premier mariage si on est heureux dans le second. N'est-ce pas cela que demande l'évangile ? L'Église, en insistant sur la chasteté des corps et des cœurs, a trahi l'évangile.

Ce plaidoyer simpliste ne fait que rapporter ces idées courantes : Dieu n'est pas contre l'amour, la seule chose que Dieu veut c'est que nous soyons heureux. Si on ne l'est pas dans le premier mariage, on le sera dans le second ! Et si on s'aime, pourquoi ne pas aller jusqu'à la consommation de notre amour, quel que soit son état de vie ? L'essentiel, c'est d'être authentique.


« Les exigences de l'Évangile ne consistent
pas seulement dans l'échange des paroles
mais s'enracinent dans le cœur et dans le corps »

Jésus et la femme adultère, tableau de Everard Quirijnsz van der Maes

Il est presque inutile de rappeler ici les exigences radicales de l'évangile. L'auteur pourrait lire avec profit les études de John-Philippe Meier sur Un certain Juif nommé Jésus 9, principalement le tome IV, sur La Loi et l'amour. Cela lui permettrait, entre autres, de comprendre l'énergique condamnation que Jésus fait du divorce et l'appel radical à la chasteté parfaite lorsqu'il parle « des eunuques pour le Royaume ». Elle se rendrait compte que les exigences de l'amour dans l'évangile sont absolues et qu'elles ne consistent pas seulement dans l'échange des paroles mais qu'elles s'enracinent dans le cœur et dans le corps. Jésus n'appelle pas à une douceur amoureuse, à une attitude complaisante et bêlante. Est-ce qu'il se ficherait du bonheur des hommes ? Sans cette chasteté, les paroles deviennent des mensonges. Notre auteur n'a probablement jamais longuement écouté la souffrance de ces femmes trahies, bafouées devant le mépris de leur premier amour. Elle n'a jamais entendu la torture du cœur de ces femmes à qui le mari propose ingénument de demeurer amis à trois ! Elle n'a jamais compris l'effondrement de l'homme qui voit sa vie s'écrouler parce que sa femme est partie avec un autre, trahissant et son corps et son âme. Il n'y a aucun problème ! Ils n'ont qu'à être amis. A cette sorte de délitage de la vie amoureuse, l'Église devrait donner sa bénédiction ? Au nom de l'évangile ? Et ce prêtre qui, un jour, a donné à l'Église sa parole d'être le signe vivant du Christ dans l'amour absolu de l'Époux pour l'Épouse, devient un déséquilibré sexuel s'il est fidèle jusqu'à l'intime du cœur et du corps ? C'est un psychopathe en puissance ?

Mais quelle Église nous propose donc cette femme écrivain ? Une Église mièvre dont la moitié des prêtres sont des homosexuels et les autres des refoulés sexuels et qui sera libérée quand elle confiera l'épiscopat à ces homosexuels, et qu'elle sacrera des lesbiennes ? Mais ces églises existent ! Et ce n'est pas encore l'Église catholique. Et si ce n'est pas encore l'Église catholique, c'est qu'il y a encore à sa tête des pasteurs qui, tout en portant des souliers rouges, sont capables de dire non à cette trahison de l'Évangile.


L'élection de Benoît XVI, une erreur ?

Fort heureusement, vient de paraître La Lumière de la vie. On pourra vérifier nous-mêmes si notre pape actuel est un vieillard malade, peureux, scrupuleux et cauchemardesque. Et s'il l'était, ne serait-il pas le pape ? L'Esprit Saint ne garantit pas l'infaillibilité du Conclave ! Il n'est pas une assurance sur la santé physique et mentale du successeur de Pierre. Il n'est pas une garantie mystique que le candidat choisi était le meilleur choix. Il ne remplace pas l'obligation des électeurs à l'exercice d'une véritable prudence surnaturelle ni ne les soulage de leur responsabilité. La présence vivante et invisible, dans l'Église, de l'Esprit Saint, donne une certitude indubitable : à celui que les hommes ont choisi, même s'ils ont fait une erreur dans leur choix, le Christ donnera les charismes personnels et l'assistance promise pour qu'il devienne la pierre sur laquelle il continue de bâtir son Église. Cet homme, qu'il nous convienne ou ne nous convienne pas, est le pasteur que nous donne le Cœur de Dieu. Au travers de ce qu'il dit et de ce qu'il est, il faut donc s'efforcer, avec l'intelligence de la foi, de comprendre et de recevoir ce que l'Esprit dit à l'Église. Et cela était vrai, même pour Alexandre VI.


Aline Lizotte


Photos : Dnalor01, Dvp, West Midlands Police, Zkoty1953 / Wikicommons




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